26/10/26
Tumeurs cérébrales chez l’enfant : quelle évolution de l’incidence en France entre 2000 et 2020 ?
Santé publique France publie une synthèse des résultats d’une étude consacrée à l’évolution de l’incidence des tumeurs du système nerveux central (SNC) chez les enfants âgés de 0 à 14 ans en France hexagonale entre 2000 et 2020.
Réalisée à partir des données du Registre national des cancers de l’enfant, cette étude analyse les tendances observées et cherche à déterminer dans quelle mesure elles reflètent une évolution réelle ou des changements dans les pratiques diagnostiques et l’enregistrement des cas.
Les tumeurs du SNC constituent, après les leucémies, les cancers les plus fréquents chez les enfants de cette tranche d’âge, représentant 23 % des cancers pédiatriques.
Une augmentation globale de l’incidence sur vingt ans
Entre 2000 et 2020, 10 074 tumeurs du système nerveux central ont été enregistrées chez des enfants âgés de 0 à 14 ans en France hexagonale.
Sur cette période, l’incidence standardisée a augmenté en moyenne de 0,93 % par an, passant de 38,3 à 46,2 cas par million d’enfants. Cette évolution correspond à une augmentation moyenne d’environ cinq cas de tumeurs cérébrales par an.
La hausse est observée chez les garçons comme chez les filles. Elle concerne également les enfants âgés de 1 à 14 ans, tandis que l’incidence reste stable chez les nourrissons de moins d’un an.
Des évolutions en partie liées aux progrès diagnostiques
L’étude souligne que l’augmentation du nombre de tumeurs diagnostiquées ne traduit pas nécessairement une hausse équivalente du risque de survenue de ces tumeurs.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer aux évolutions observées : l’amélioration des techniques d’imagerie et de la détection de certaines tumeurs, notamment chez les enfants présentant une neurofibromatose de type 1, une meilleure caractérisation des tumeurs grâce aux avancées de la biologie moléculaire, les modifications des classifications internationales et l’amélioration du recensement des cas.
Ces évolutions peuvent modifier le nombre de tumeurs identifiées et leur répartition entre les différentes catégories diagnostiques.
Des tendances qui varient selon les types de tumeurs
L’analyse met en évidence des trajectoires différentes selon les types de tumeurs du SNC.
Pour la plupart des catégories étudiées, les variations observées s’expliquent au moins en partie par les progrès diagnostiques, l’évolution des classifications ou l’amélioration de l’enregistrement des cas. Les données disponibles ne permettent notamment pas de déterminer avec suffisamment de recul l’évolution du risque de survenue des gliomes de haut grade, compte tenu des changements récents de classification.
Les tumeurs atypiques tératoïdes/rhabdoïdes (ATRT) constituent un cas particulier : leur incidence a augmenté en moyenne de 2,32 % par an entre 2000 et 2020. Selon les auteurs, la stabilité des critères diagnostiques sur cette période suggère qu’il s’agit d’une véritable augmentation de leur survenue.
Maintenir la surveillance et améliorer les connaissances
Les auteurs soulignent l’importance de poursuivre la surveillance de l’incidence des tumeurs du SNC chez l’enfant, en s’appuyant sur des critères diagnostiques intégrant l’imagerie, l’histologie, l’immunohistochimie, la biologie moléculaire et l’âge au diagnostic.
L’amélioration des connaissances sur les facteurs de risque, notamment pour les tumeurs atypiques tératoïdes/rhabdoïdes, constitue également un enjeu pour mieux comprendre l’apparition de ces tumeurs et orienter d’éventuelles stratégies de prévention.


